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07/08/2017

Divers

maison en même temps que le petit soupirant de Charlotte et ils doivent certainement être

toujours en train de se disputer au sujet des bégonias.

Elle offrit à Gideon un de ses sourires à fossettes roses.

- Savez-vous, Gideon, pour un de Villiers, je vous trouve inhabituellement sympathique !

Gideon se leva également.

- Merci beaucoup, répliqua-t-il joyeusement en serrant la main de tante Maddy. Je suis ravi

d'avoir fait votre connaissance.

- Ouh, dit Leslie en m'expédiant un coup de coude dans les côtes.

Et il a de bonnes manières, avec ça. Il soulève ses fesses en voyant une dame se lever. De jolies

fesses, cela dit. Quel dommage qu'il soit un si sale type !

Je levai les yeux au ciel.

Mum épousseta sa robe et releva Caroline et Nick de leur chaise.

- Allez, venez, tous les deux... c'est l'heure d'aller au lit.

- Mum, protesta Nick. C'est vendredi. Et j'ai douze ans !

- Et moi, j'aimerais rester encore un peu, s'il te plaît.

Caroline leva un regard ingénu vers Gideon.

- Je t'aime bien, dit-elle. Tu es vraiment sympa et mignon comme tout.

- Oui, c'est vrai, me chuchota Leslie. Dis-moi, il rougit, là ? Ça m'en avait tout l'air. Vraiment

adorable.

Leslie me décocha un nouveau coup de coude.

- Ne prends pas cet air béat, grinça-t-elle.

À cet instant, Xemerius traversa en volant la fenêtre fermée et se posa sur le bureau avec un

petit rot satisfait.

- En revenant plein d'espoir de sa petite virée, le beau démon subtil dut malheureusement

constater que la fille, entre-temps, n'avait perdu ni son corsage jaune pisseux ni son

innocence...

Je lui adressai un « ferme-la ! » muet.

- Moi, ce que j'en dis... fit-il, vexé. L'occasion était bonne.

Finalement, tu n'es plus si jeune que ça et qui sait si tu ne recommenceras pas demain à le haïr

profondément.

Quand tante Maddy fut partie et que Mum eut fait sortir Caroline et Nick en les poussant

devant elle, Gideon ferma la porte et nous regarda en souriant.

Leslie leva les mains.

- Non, laisse tomber ! Je ne partirai pas. Je dois discuter de choses importantes avec Gwen. De

choses top-secrètes.

- Alors, je reste aussi, déclara Xemerius qui sauta sur mon lit et se lova sur l'oreiller.

- Leslie... je ne crois pas que ce soit encore nécessaire de cacher quoi que ce soit à Gideon, disje.

Ce ne serait pas mal de mettre tout notre savoir dans le même sac.

J'avais joliment exprimé ça.

- D'autant plus que je doute que Google puisse vraiment nous tirer d'affaire, se moqua Gideon.

Excuse-moi, Leslie, mais Mr Whitman a dernièrement montré un joli classeur, où tu avais...

euh... comme qui dirait... rassemblé des informations.

- Ça alors ! Et moi qui me disais justement que tu n'étais peut-être pas le sale type arrogant que

Gwen n'arrête pas de me décrire «

Mignon », tu parles ! Ce sont...

Embarrassée, elle fronça un peu le nez.

- C'est vraiment dégoûtant de la part de l'Écureuil d'avoir montré mon classeur à tout le monde

! reprit-elle. Au début, ces recherches sur Internet étaient notre seule piste et j'en étais assez

fière.

- Mais maintenant, nous en savons beaucoup plus, dis-je.

Premièrement, Leslie est un génie et, deuxièmement, mon grand-père m'a...

- Pas question de livrer nos sources ! déclara Leslie en me fusillant du regard. Il est toujours l'un

d'eux, Gwen. Même s'il a embrumé hormonalement tes sens.

Le sourire aux lèvres, Gideon s'assit en tailleur sur le tapis.

- D'accord ! Alors, c'est moi qui vais commencer.

Puis, sans attendre l'accord de Leslie, il se remit encore une fois à parler des papiers qu'il avait

reçus de Paul. Contrairement à moi, Leslie fut plus qu'horrifiée d'entendre que je devrais

mourir dès que le Cercle du sang serait refermé. Elle pâlit sérieusement sous ses taches de

rousseur.

- Et on peut les voir, ces papiers ? demanda-t-elle.

- Bien sûr.

Gideon sortit quelques feuilles pliées de la poche de son pantalon et en tira quelques autres de

la poche de sa chemise. D'après ce que je pus voir, le papier était plutôt jauni et usé à l'endroit

des pliures.

Leslie le fixa, ahurie.

- Et tu te promènes avec ça dans tes poches ? Il s'agit de précieux originaux, pas de... mouchoirs

en papier, dit-elle en les prenant en mains. Ils tombent déjà presque en miettes. Ah, ces

hommes !

Elle déplia les documents avec précaution.

- Tu es sûr qu'il ne s'agit pas de faux ?

Gideon haussa de nouveau les épaules.

- Je ne suis ni graphologue ni historien. Mais ils ressemblent tout à fait aux autres originaux

conservés par les Veilleurs.

- À la bonne température et sous verre, je parie, dit Leslie en gardant son ton réprobateur.

Comme il se doit !

- Et comment les gens de l'Alliance florentine sont-ils entrés en possession de ces papiers ?

demandai-je.

- Je suppose qu'ils les ont volés. Je n'ai pas encore eu le temps d'éplucher les Annales pour le

prouver. En fait, je n'ai pas trouvé le temps de vérifier tout ça. Ça fait des jours que je me

promène avec ces papiers ! Je les connais par coeur... mais je n'en suis pas plus avancé.

Sauf sur ce point-là.

- En tout cas, tu n'as pas couru tout de suite chez Falk pour lui montrer tout ça, reconnus-je.

- En fait, j'ai pensé le faire. Mais ensuite... Ah, en ce moment, je ne sais plus à qui me fier.

- Ne te fie à personne, chuchotai-je en roulant dramatiquement les yeux. C'est en tout cas ce

que ma mère m'a entré dans le crâne.

- Ta mère... murmura Gideon. Ça m'intéresserait de savoir ce qu'elle sait de tout ça.

- Ça veut dire que quand le cercle sera refermé et que le comte aura cet élixir, Gwendolyn

devra...

Leslie ne parvint pas à terminer sa phrase.

- ... mourir, complétai-je.

- Passer l'arme à gauche, passer le Jourdain, avaler sa cuillère, rendre son dernier souffle, s'en

aller... ajouta Xemerius à demi somnolent.

- On va t'assassiner ! s'écria Leslie en me prenant la main d'un geste dramatique. Car tu ne vas

pas tomber morte toute seule !

Elle se passa la main dans ses cheveux qui étaient déjà plutôt en désordre. Gideon s'éclaircit la

voix, mais Leslie ne le laissa pas parler.

- A vrai dire, j'ai toujours eu comme un mauvais pressentiment, reprit-elle. Déjà ces autres vers

sont terriblement... sinistres. Et c'est toujours le corbeau, le rubis, le numéro Douze qui semble

particulièrement visé. De plus, ça correspond tout à fait à ce que j'ai trouvé.

Elle lâcha ma main et chercha à attraper son sac à dos (tout neuf !) pour en sortir Anna

Karénine.

- Bon, en fait, ce sont Lucy et Paul et ton grand-père qui ont trouvé... et Giordano.

- Giordano ? répétai-je, troublée.

- Oui ! Tu n'as donc pas lu ses essais ? dit Leslie en feuilletant le livre. Les Veilleurs ont dû

l'accepter dans la Loge pour qu'il cesse de claironner ses thèses à tout vent.

Honteuse, je secouai la tête. Dès la première phrase à rallonge, j'avais perdu tout intérêt à la

prose de Giordano. (Sans parler du fait que c'était écrit par Giordano... vous me suivez, là ?)

- Réveillez-moi si jamais ça devient intéressant, dit Xemerius en fermant les yeux. J'ai besoin

d'un petit somme digestif.

- En tant qu'historien, Giordano n'a jamais été vraiment pris au sérieux, même par les Veilleurs,

intervint Gideon. Il a publié des trucs confus dans des revues ésotériques douteuses qui lui

valent d'être qualifié par ses fervents adeptes de « maître illuminé et transfiguré » -

comprenne qui pourra.

- Moi, je peux te l'expliquer ! dit Leslie en lui collant Anna Karénine sous le nez comme s'il

s'agissait d'une pièce à conviction. En tant qu'historien, Giordano est tombé sur des procèsverbaux

d'Inquisition et des lettres du XVIe siècle. Les sources attestent qu'au cours d'un de ses

voyages dans le temps, alors qu'il n'était encore qu'un tout jeune homme, le comte de Saint-

Germain a engrossé la fille d'un comte nommée Elisabetta di Madrone. Et, à cette occasion...

bon, avant ou probablement après, il lui a raconté plein de choses sur lui...

peut-être parce qu'il n'était encore qu'un jeune sot ou simplement parce qu'il se croyait en

sécurité.

- Et ce plein de choses serait ?

- Il a délivré généreusement toutes sortes d'informations sur lui, à commencer par ses origines

et son nom véritable, sur sa capacité à voyager dans le temps et il a même affirmé être en

possession de secrets inestimables. Des secrets lui permettant de fabriquer la pierre

philosophale.

Gideon hocha la tête comme s'il connaissait l'histoire, mais Leslie ne s'y trompa pas.

- Mais, bêtement, les types du XVIe siècle n'ont pas trouvé ça formidable. Ils ont pris le comte

pour un dangereux démon. Le père de cette Elisabetta était en outre si furieux de ce qu'il avait

fait à sa fille qu'il a fondé l'Alliance florentine et consacré sa vie à rechercher le comte et ses

pareils, comme de nombreuses générations après lui...

Elle s'arrêta, puis reprit :

- Comment en suis-je arrivée là ? Mon Dieu, j'ai la tête si pleine d’informations que j'ai

l'impression qu'elle va éclater.

- Mais, bon sang, quel rapport avec Tolstoï ? demanda Gideon en regardant le livre de Lucas. Ne

m'en veux pas, mais jusqu'à présent tu ne m'as encore rien raconté de vraiment nouveau.

Leslie lui lança un regard noir.

- A moi, oui, m'empressai-je de dire. Mais tu allais nous expliquer ce que le comte a vraiment

l'intention de faire avec cette pierre philosophale, Leslie !

- Exact, répliqua-t-elle en plissant le front. Pour cela, je voulais remonter un peu plus loin, car il

s'est naturellement écoulé un certain temps avant que les descendants du comte di Madrone

envoient le premier voyageur dans le temps, Lancelot de Villiers, en...

- Tu ne pourrais pas faire plus court ? l'interrompit Gideon. Nous n'avons plus tellement de

temps. Nous allons de nouveau rencontrer le comte après-demain et, d'ici là, je dois - selon sa généraliste et le neurologue expliquent que la grand-mère a besoin de quelqu'un pour !a suppléer dans les actes de la vie quotidienne, le mari s'en charge. Elle conclue pouvoir discuter avec ses deux parents de tout, elle négocie ses sorties ses parents lui laissent la liberté de s'exprimer librement. Elle se souvient : « le grand-père boudait, la grand-mère ne faisait pas de câlins. 500€ Crédit piano 50€ Frais activités extra scolaires : danse Audrey et Edith Frais internat Margot : Transports Margot { 10 trajets de bus) 48€60165€ 15€ Prêt véhicule 360€ Total 2653€12 Le couple DEMPSEY possède un véhicule : 308 Peugeot AFFAIRE CHAMBERT /DEMPSEY LOGEMENT DU COUPLE PARENTAL : Monsieur et Madame DEMPSEY Maison individuelle mitoyenne, le jardin de devant n'est pas clôturé faute d'argent, rentrée se fait par un couloir avec des appliques murales comme éclairage, deux chiens sur un tapis, un placard vitré où sont rangés les vêtements et jeux de société, WC avec lavabo, meuble de rangement des serviettes de toilette, une fenêtre, un lustre Salon Cuisine américaine: cuisine intégrée, équipée d'une hotte, d'une plaque de cuisson, d'un four, d'une machine à pain, d'un micro ondes, lave vaisselle, réfrigérateur congélateur, des meubles de rangement hauts et bas.., poli, calme attaché à sa famille : sa femme, ses enfants, il entretient des relations chaleureuses avec ses parents, ses soeurs. EDITH Elle a les cheveux blonds longs attachés en queue de cheval, les yeux bleus, elle porte un Jean, un tee-shirt noir avec un dessin de chat. Vendredi danse moderne 18h30 à 20h le père la conduit la mère ia récupère. A l'école elle s'intéresse.La grand-mère décrit les petites filles : Margot : volubile, dégourdie, feu follet, dans les magasins avec ses parents : elle criait avec la grand-mère elle était tranquille. Gilles le frère de Coralie vit avec ses parents à St Bauzille dans la maison de Coralie. Août 2004 Selon les dires de Monsieur CHAMBERT, !e grand-père : Le couple CHAMBERT travaille en sous traitance pour PROViBAT. Madame DEMPSEY, la mère Est vêtue d'un caleçon noir à la mode, d'un haut violet, elle a les cheveux courts châtains foncés, les yeux bleus elle porte des lunettes. Madame DEMPSEY ne parvient pas à régler le problème du déménagement du matériel avec ses parents, elle les assigne en justice pour qu'ils libèrent tes lieux pour vendre. Le père rend régulièrement visite en solex, en train à la mère enceinte, il aurait reconnu l'enfant par anticipation. 2006 Mariage de Gilles, te frère de Coralie, Ses grands-parents indiquent : il nous a été demandé par notre fils Gilles de ne pas communiquer avec la famille DEMPSEY pour éviter tout incident.- Margot et Audrey auraient besoin de sortir de ce contexte d'aller souffler auprès des grands-parents, les liens affectifs sont forts, elle ajoute ce sont les liens du sang. Juillet 2005 La grand-mère a fait prendre hypothèque provisoire sur la maison et remise de Coralie, Madame DEMPSEY obtient la main levée florentine prenaient ça pour un mensonge !

J'acquiesçai.

- Attends voir ! dit Gideon qui avait froncé les sourcils. Le grand-père de Gwenny ? Le

prédécesseur d'oncle Falk à la fonction de grand-maître ?

J'acquiesçai de nouveau, cette fois en me sentant un peu coupable.

Il me regarda fixement et son visage s'éclaira comme s'il venait de comprendre d'un coup.

- Continue, Leslie, l'invita-t-il. Qu'est-ce que tu as trouvé ?

- Lucy et Paul croyaient que le comte ne veut la pierre philosophale que pour lui.

Leslie fit une petite pause pour s'assurer que nous étions bien pendus à ses lèvres.

- Parce que la pierre philosophale doit le rendre immortel, lui et lui seul ! reprit-elle.

Gideon et moi gardâmes le silence. Pour ma part, j'étais plutôt impressionnée. Pour Gideon, je

ne savais pas. Son visage ne laissait rien paraître.

- Naturellement, le comte a dû inventer tout ce bazar de salut de l'humanité et le blablabla qui

va avec afin de persuader les gens de travailler pour lui, poursuivit Leslie. Il n'aurait sans doute

pas pu mettre une telle organisation sur pied en avouant sa véritable intention.

- Et c'est tout ? Tout ça, parce que ce vieux bonhomme a peur de mourir ? m'étonnai-je,

presque déçue.

C'était donc ça le secret derrière le secret ? Tout ce tintouin pour rien ?

Tandis que je secouai sceptiquement la tête et commençai en pensée une phrase : « Mais... »,

les sourcils de Gideon se froncèrent encore plus.

- Ça collerait bien, murmura-t-il. Bon sang, Leslie a raison ! Ça colle !

- Qu'est-ce qui colle ? demandai-je.

Il se leva d'un bond et se mit à faire les cent pas dans ma chambre.

- Je n'arrive pas à croire que ma famille soit tombée dans le panneau et l'ait suivi aveuglément

pendant des siècles, dit-il. Et que moi aussi, je me sois laissé prendre !

Il s'arrêta devant moi et respira à fond.

- ... l'air empli du parfum du temps, un restera pour très longtemps.

En lisant bien, c'est parfaitement clair. Pestilences et maux guéris, sous l'astre à douze branches

la promesse s'enclenche. Naturellement !

Pour conférer la vie éternelle à quelqu'un, cette substance doit pouvoir soigner toutes les

maladies.

Il se frotta le front et montra les feuilles plus ou moins en lambeaux sur le tapis.

- Et les prophéties que le comte a dissimulées aux Veilleurs le disent encore plus nettement. La

pierre des sages à jamais le lie. En habit de jeunesse, une force nouvelle donne au porteur du

charme un pouvoir éternel. Comme c'est simple ! Pourquoi ne l'ai-je pas compris plus tôt ?

J'étais si obnubilé par le fait que Gwendolyn allait mourir, peut-être par ma faute, que je n'ai

même pas entrevu la vérité ! Alors qu'elle me sautait aux yeux !

- Eh bien, dit Leslie avec un petit sourire triomphant. Je suppose que tes points forts résident

ailleurs. N'est-ce pas, Gwendolyn ?

Puis elle ajouta, d'un ton conciliant :

- Et tu avais aussi pas mal d'autres choses à faire.

Je pris les papiers de Gideon.

- Mais la douzième étoile se lève, le destin céleste s'achève.

Jeunesse passée, le chêne est voué au déclin dans le temps limité. La douzième étoile en allée,

Vaigle atteint son but àjamais, lus-je en butant sur les mots et en tentant d'ignorer les poils de

mes bras hérissés. D'accord, je suis la douzième étoile, mais le reste c'est de nouveau du chinois en novembre 2005 condamnée aux dépens elle paye mensuellement cette dette 19/06/2006 Les grands-parents font appel la Cour de Montpellier confirme le coût total de l'expulsion, garce meubles. Monsieur CHAMBERT explique - notre beau fils casse la porte de la maison de St Bauziile - juillet 2005 son camion en panne à St Bauzille est brûlé i! porte plainte c'est sans suite. agréable, modérée dans ses propos face à la situation conflictuelle douloureuse. la famille vit à Tours Catherine 46 ans chauffeur de bus, son compagnon travaille en déplacements le couple vit à Monts (37), Scolarisé en maternelle à l'école Alfred de Musset, en primaire à l'école Alfred de Vigny à Tours. Chambre de Margot : une frise bleue, un lit, un placard miroir sur la porte, deux bureaux, une étagère de livres, un vélo d'appartement, un lustre bleu, des rideaux bleus Les sols sont en carrelage, le chauffage électrique. Elie revoit ses parents pour leur présenter son bébé.la présente décision sera communiquée au BAJ copie 24. A la première visite de l'agence, les parents refusent de donner les clés. - un courrier au Curé de Port la Nouvelle, le Curé mange chez le couple DEMPSEY. 1994 Coralie aurait téléphoné à sa mère avant I accouchement, elle n'aurait pas souhaité leur présence à mes bras hérissés. D'accord, je suis la douzième étoile, mais le reste c'est de nouveau du chinois

pour moi...

- Ici, on lit dans la marge : Dès que je posséderai l'elixir, elle mourra ! murmura Leslie, la tête

collée contre la mienne. Ça, tu le comprends au moins, n'est-ce pas ?

Elle me prit bien fort dans ses bras.

- Tu ne dois plus jamais, au grand jamais, te retrouver dans les parages de cet assassin. C'est

clair ? Ce maudit Cercle du sang ne doit pas être refermé, en aucun cas.

Elle me relâcha légèrement et poursuivit :

- Lucy et Paul ont déjà fait de leur mieux en fichant le camp avec le chronographe. C'est trop

bête qu'il y en ait un autre !

Elle me libéra et regarda Gideon d'un air réprobateur.

- Et que quelqu'un ici présent n'ait rien trouvé de mieux à faire que de le remplir

consciencieusement avec le sang de tous les voyageurs dans le temps ! Promets-moi ici et surle-

champ que le comte n'aura jamais l'occasion d'étrangler Gwenny ou de la poignarder ou de...

Xemerius se réveilla en sursaut de son sommeil profond.

- ... de l'empoisonner, de la flinguer, de l’écarteler, de la pendre, de la décapiter, de la piétiner à

mort, de la noyer, de la jeter du haut d'un building... s'écria-t-il avec enthousiasme. De quoi

s'agit-il ?

- La douzième étoile en allée, l'aigle atteint son but à jamais, dit doucement Gideon. Sauf

qu'elle ne peut pas mourir!

- Tu veux sans doute dire qu'elle n’a pas le droit de mourir, le corrigea Leslie.

- N'est pas obligée, ne peut pas, ne doit pas, n'a pas besoin de...

psalmodia Xemerius avant de laisser retomber sa tête sur ses pattes.

Gideon s'accroupit devant nous. Il avait repris son air grave.

- C'est ça que je voulais te dire tout à l'heure, avant de nous...

Il se racla la gorge.

- As-tu déjà raconté à Leslie que lord Alastair t'avait blessée avec son épée ?

Je hochai la tête et Leslie dit :

- Elle a vraiment eu de la chance de s'en sortir aussi bien !

- Lord Alastair est l'un des meilleurs bretteurs que je connaisse, dit Gideon. Et il a fort bien

atteint Gwendolyn. Au point de mettre sa vie en péril.

Du bout des doigts, il me caressa la main avant d'ajouter :

- Mortellement, pour tout dire.

Leslie en eut le souffle coupé.

- Mais je me suis seulement imag... murmurai-je en pensant à mon escapade vers le plafond de

la pièce et à mon coup d'oeil spectaculaire de là-haut sur ce qui se passait en bas.

- Non, fit Gideon en secouant la tête. Tu ne te l'es pas imaginé ! Je ne sais même pas si on peut

s'imaginer ce genre de chose. Et puis, j'étais là aussi !

Pendant un moment, il parut incapable de poursuivre, puis il se reprit.

- Pendant notre saut de retour, tu as cessé de respirer une trentaine de secondes et quand je

suis arrivé avec toi dans la cave, ton pouls ne battait plus, j'en suis sûr et certain. Mais une

minute plus tard, tu t'es redressée comme si de rien n'était.

- Est-ce à dire que... ? demanda Leslie, sidérée.

- Ça signifie que Gwenny est immortelle, annonça Gideon en me souriant timidement.

Je ne pus que le fixer d'un air perplexe.

Xemerius s'était redressé et se grattait le ventre, déconcerté. Il ouvrit la bouche une ou deux

fois, mais pour tout commentaire il se contenta de cracher un petit jet d'eau sur mon oreiller.

- Immortelle ? reprit Leslie, les yeux écarquillés. Comme... comme le Highlander ?

Gideon acquiesça.

- Sauf que, même décapitée, elle ne peut pas mourir, dit-il en se relevant, le visage durci.

Gwendolyn ne peut pas mourir... à moins de se suicider.

Sur ce, il déclama doucement :

- Sache qu'une étoile d'amour s'éteint, en cherchant librement sa fin.

Quand j'ouvris les yeux, le soleil entrait à flots dans ma chambre en faisant tourbillonner de

petits grains de poussière dans une lumière d'un rose brillant. Contrairement à tous les jours

précédents, je fus aussitôt parfaitement réveillée. Je cherchai prudemment sous ma chemise

ma blessure sous la poitrine et en suivis du doigt le bord croûte.

Immortelle.

Au début, j'avais refusé d'accorder crédit à cette affirmation de Gideon, simplement parce que

c'était totalement absurde et que, de toute façon, ma vie était si pleine de complications de

toutes sortes que je n'étais sans doute pas loin de faire un infarctus. Ma raison se refusait à

accepter ce fait.

Mais, tout au fond de moi, je savais que Gideon avait raison : l'épée de Jord Alastair m'avait

tuée. Douloureusement. Et j'avais vu le reste misérable de ma vie simplement disparaître.

J'avais rendu mon dernier souffle... et pourtant, je vivais.

Nous avions passé toute la soirée à discuter de l'immortalité. Leslie et Xemerius, le premier

choc passé, s'étaient montrés particulièrement intarissables.

- Est-ce que ça veut dire qu'elle n'aura jamais de rides ?

- Mais si un bloc de béton de huit tonnes tombait sur toi ? Tu continuerais à vivre aussi plate

qu'un timbre-poste ?

- Tu n'es peut-être pas immortelle, mais tu as peut-être neuf vies, comme les chats ?

- Et si on te crevait un oeil, est-ce qu'il t'en repousserait un autre ?

Le fait que Gideon ne connaisse pas de réponse à chacune de leurs questions ne les dérangeait

pas plus que ça. Ils auraient certainement passé la nuit ainsi si Mum n'était pas entrée et n'avait

renvoyé Leslie et Gideon chez eux. Elle se montra malheureusement intransigeante.

- N'oublie pas que tu étais encore malade hier, Gwendolyn, dit-elle.

J'aimerais que tu aies ton content de sommeil.

Mon content de sommeil... comme si on pouvait encore penser à dormir après une journée

pareille ! Et nous avions encore tant de choses à discuter !

J'avais raccompagné Gideon et Leslie en bas et nous nous étions séparés à l'entrée. Là encore,

Leslie, en vraie bonne copine, avait compris tout de suite et fait encore quelques pas vers l'arrêt

de bus pour passer un coup de fil des plus urgents. (Je l'entendis dire « Salut, Bertie, j'arrive

tout de suite ».) Xemerius, hélas, ne montra pas autant de tact. Il se suspendit, la tête à

l'envers, au baldaquin au-dessus de la porte et chanta d'une voix de crécelle :

- Gido et Gwendo se bisoutaient sous le baldaquin... Le baldaquin craqua, Xemerius se marra.

Finalement, je m'étais séparée à contrecoeur de Gideon et j'avais rejoint ma chambre avec la

ferme intention de passer toute la nuit à réfléchir, à téléphoner et à forger des plans. Mais à

peine m'étais-je allongée sur mon lit - juste comme ça, pour pas longtemps - que j'avais sombré

dans un sommeil profond. Les autres avaient dû connaître la même mésaventure, car personne

ne m'avait appelée sur mon portable.

Je jetai un regard réprobateur à Xemerius qui, lové au pied de mon lit, s'étirait clés. - un courrier au Curé de Port la Nouvelle, le Curé mange chez le couple DEMPSEY. 1994 Coralie aurait téléphoné à sa mère avant I accouchement, elle n'aurait pas souhaité leur présence à l'accouchement, Selon les dires de Madame CHAMBERT ; A cette époque, elle aurait donné de l'argent à sa fille de i ordre de 450€ pour Noël à sa fille Coralie qui préférait acheter les cadeaux pour éviter les doublons. Garage : Un lave linge, un congélateur, 5 vélos, un rameur, une armoire avec des livres, un établi, de la peinture à l'huile loisir de Monsieur DEMPSEY. A la vente de la première maison de Marseillan village 40 000€. Elle bénéficie d'un forfait de ses parents, elle finance le supplément 12€90/' mois de carte de téléphone avec l'argent de poche. elle verbalise Coralie était jalouse de mes relations avec les autres, elle restait en retrait La grand-mère dit avec Monsieur DEMPSEY c'était les sorties pour faire du cerf volant, elle le décrit poli, renfermé, pas attachant, envieux. des spots comme éclairage, un bar avec deux tabourets, décoré d'une plante, d'un bougeoir. Sa relation avec sa sœur Margot est bonne, elle ajoute elle n'est pas souvent là : elle est interne et sort avec ses copines. depuis le grand-père n'a plus de revenus. Le grand-père dit Monsieur DEMPSEY est capricorne, peu expansif, joueur, il aime paraître, il profite de la situation. Madame DEMPSEY explique avoir des souvenirs de brutalité de son père : il cassait les pots de fleurs, déchirait les Il fronça le nez avant d'ajouter :

- Tout comme une douche te ferait du bien.

Sur ce point, en tout cas, il avait raison. Comme tout le monde dormait encore (après tout,

nous étions samedi), je pouvais bloquer la salle de bains tant que je voulais et utiliser toute une

quantité de shampoing, de gel douche, de dentifrice, de lotion pour le corps et la crème

antirides de Mura.

- Laisse-moi deviner... la vie est ultra-super-merveilleuse et tu as -

ah, ah, ah ! - l'impression de renaître, commenta Xemerius quand, en m'habillant, je contemplai

mon reflet dans le miroir.

- Exact ! Tu sais, c'est comme si, tout à coup, je voyais la vie avec d'autres yeux.

Xemerius s'ébroua.

- Tu te crois peut-être illuminée, mais en réalité c'est juste hormonal. Aujourd'hui en pleine

euphorie et demain déprimée à mort, dit-il. Ah, les filles ! Ça va continuer comme ça pendant

vingt ou trente ans. Et puis, d'un coup, hop, la ménopause. Bien que... pour toi, ça ne soit peutêtre

pas aussi sûr. Une immortelle avec une crise de la cinquantaine... ça ne le fait pas.

Je le gratifiai d'un doux sourire.

- Tu sais, petit enquiquineur, tu...

La sonnerie de mon portable m'interrompit. Leslie voulait savoir à quelle heure nous devions

nous rencontrer afin d'assembler les costumes de Martiens pour la fête de Cynthia.

La fête ! Je n'arrivais pas à croire qu'elle puisse avoir ce genre de chose en tête maintenant.

- Tu sais, Less, je ne suis pas sûre de vouloir y aller. Il s'est passé tant de choses et...

- Il faut que tu viennes ! Et tu viendras ! répliqua Leslie d'un ton tranchant. Parce que, pas plus

tard qu'hier soir, je nous ai trouvé quelqu'un pour nous accompagner et que, là, je serais dans

la panade.

Je soupirai.

- J'espère que tu n'as pas encore engagé ton débile de cousin et son boulet de copain, Leslie ?

La dernière fois, tu as juré que tu ne le referais jamais plus. Je n'ai pas besoin de te rappeler

cette histoire de baisers au chocolat qui...

- Tu me prends pour une idiote ? Je ne commets jamais la même erreur deux fois, tu le sais bien

!

Leslie fit une petite pause, puis elle reprit, apparemment sereinne.

- En allant prendre le bus hier, j'ai parlé de cette fête à Gideon a proposé de venir... avec son

frère. Voilà pourquoi tu ne peux pas te dégonfler !

- Leslie !

Je m'imaginais fort bien le déroulement de cette conversation : Leslie savait manipuler les gens

comme personne. Gideon n'avait probablement rien vu venir.

- Tu me remercieras plus tard, dit Leslie en riant. Maintenant il faut réfléchir à cette histoire de

costumes. J'ai déjà mis des antennes et une passoire verte; ça fait un chapeau génial. Si tu veux,

je te le laisse.

Je gémis.

- Oh, mon Dieu ! Tu veux vraiment que je me présente en sac-poubelle et avec une passoire sur

la tête pour mon premier rendez-vous officiel avec Gideon ?

Leslie hésita brièvement.

- C'est de l'art, non ? Et c'est amusant. Et ça ne coûte rien. Et puis il est tellement fou amoureux

de toi qu'il s'en fichera complètement.

Je voyais bien qu'un peu plus de raffinement était requis ici.

- Bon, dis-je, apparemment résignée. Si tu y tiens, nous nous pointerons là-bas en éboueurs

martiens. Tu es vraiment cool. Je t'envie de te moquer complètement que Raphaël trouve sexy

non des filles avec des antennes et une passoire sur la tête. Et qu’en dansant tu vas crisser de

partout et qu'il aura l'impression de tenir dans ses bras un...

eh bien, un sac-poubelle. Et que tu répandra une légère odeur chimique... Et que Charlotte,

dans son costume d'elfe, virevoltera devant nous en nous balançant des vannes...

Leslie se tut juste trois secondes. Puis elle dit lentement :

- Oui, je m'en fiche carrément...

- Je sais. Sinon, je t'aurais proposé les services de Mme Rossini...

Elle nous prêterait tout ce qu'elle a en vert : des robes que Grâce Kelly et Audrey Hepburn ont

portées dans des films. Des fringues Charleston des folles années vingt. Ou des robes de bal

de...

- Bon, bon, m'interrompit Leslie. J'ai déjà compris rien qu'avec Grâce Kelly. Laissons tomber ces

saletés de sacs-poubelles. Tu crois que ta Mme Rossini est déjà réveillée ?

- Comment tu me trouves, là ?

Mum fit un tour sur elle-même. Depuis qu'elle avait reçu, le matin, un appel de Mrs Jenkins, la

secrétaire des Veilleurs, lui demandant de m'accompagner à Temple pour mon rendez-vous

d'élapsage, elle s'était déjà changée trois fois.

- Parfaite, dis-je sans regarder vraiment.

La limousine allait tourner le coin de la rue d'un instant à l'autre.

Gideon viendrait-il me chercher ? Ou m'attendrait-il là-bas, au quartier général ? La veille, la

nuit était tombée beaucoup trop brutalement.

Nous avions encore des tas de choses à nous dire.

- Si je puis me permettre, je vous trouvais mieux en bleu, remarqua Mr Bernhard qui

époussetait les cadres du hall d'entrée avec un énorme plumeau.

Mum remonta l'escalier à toute vitesse.

- Vous avez tout à fait raison, Mr Bernhard ! Cet ensemble est un peu trop recherché. Trop

élégant pour un samedi après-midi. Il va s'imaginer je ne sais quoi. Que je me suis pomponnée

pour lui !

Je gratifiai Mr Bernhard d'un sourire réprobateur.

- Vous n'auriez pas pu vous taire ?

- C'est elle qui a demandé, rétorqua-t-il.

Il me fit un clin d'oeil derrière ses lunettes de hibou, puis regarda par la fenêtre du couloir.

- Oh, fit-il, voici la voiture. Dois-je leur dire que ça va prendre encore un peu de temps ? Il va

falloir aussi qu'elle trouve des chaussures assorties à sa tenue bleue.

- Je m'en charge, dis-je en épaulant mon sac. Au revoir, Mr Bernhard. Et, s'il vous plaît, gardez

un oeil sur Vous-savez-bien-qui.

- Naturellement, miss Gwendolyn. Vous-savez-bien-qui ne s'approchera même pas dans les

parages de Vous-savez-bien-quoi.

Puis, avec un sourire presque imperceptible, il se tourna de nouveau vers son travail.

Pas de Gideon dans la limousine. En revanche, Mr Marley, qui avait déjà ouvert la portière alors

que je posais le pied sur le trottoir. Son visage lunaire paraissait aussi tendu que les autres

jours. Peut être même encore un peu plus. Et il ne répondit même pas à mon exubérant «

N'est-ce pas une merveilleuse journée de printemps ?

- Où est Mrs Grâce Shepherd ? demanda-t-il à la place. J'ai ordre de la conduire immédiatement

à Temple elle aussi.

- À vous entendre, on dirait que vous voulez l'amener devant le juge, remarquai-je.

Si j'avais su que je n'étais pas loin de la vérité, je ne me serai vêtements. Madame CHAMBERT. Selon les dires du couple CHAMBERT : A i'âge de 7 ans, Coralie travaille avec son père sur les chantiers. » La grand-mère parie de sa fille : Coralie « c'est un gémeaux, petite elle ne voulait pas manger, elle n'aimait pas les petits pois: elle aimait finir sa lecture, à l'école elle était avide de savoir A Agen, Coralie avait 14 ans, quand elle venait manger à l'entreprise avec sa mère qui travaillait dans le Prêt-à-porter Chez Chantai DAZIN. 1991 Suite à la réussite du concours de SASU secrétaire administrative, elle a un choix de postes à Mende où Font Romeu, elle choisi Font Romeu, elle va bénéficier d'un logement de fonction, et pouvoir mettre de la distance avec ses parents. Elle dit : les repas sont bons Elle dit avoir cessé la danse au profit des sorties avec les copines / cinéma, vélo, soirées DJ : musique et danse une fois / semaine de 21 h à 1h du matin les samedis : ses parents raccompagnent et viennent la chercher. Madame CHAMBERT décrit son mari bosseur, c'est quelqu'un sur qui on peut compter qui a l'esprit de famille, il cache sa grande sensibilité. Coralie est recrutée à la DA. la famille trouve un logement HLM rue d'Assas en face la DASS. Monsieur DEMPSEY est le benjamin de la fratrie de 3 enfants. Elle obtient d'excellents résultats scolaires. Audrey dit aller à la Plage avec ses parents en mai vers 17 h car elle a la peau fragile et Edith est petite : elle fait des châteaux de sable avec Edith, nage, bronze, joue aux raquettes, sa sœur Margot va à la plage avec ses copines, elle vient voir la famille sur la plage. 14 AFFAIRE CHAMBERT / DEMPSEY La grand-mère saisit le Tribunal pour lever l'hypothèque, elle se désiste, le paiement n'est pas fa: -_e couple des grands-parents saisit la justice pour lever les procès verbaux sur indisponibilité des véhicules. Lorsque le couple CHAMBERT s est remarié avec contrat de mariage à Si Bauzille en 1997, Coralie, son conjoint et Margot, leur fils Gilles étaient présents Le grand-père récapitule les faits suivants - 2002-03. Le grand-père met en avant la maladie de sa femme et les conséquences dangereuses que peut avoir une expulsion de sa maison. A cette époque. - le matériel entreposé chez sa fille à St Bauzille a été jeté ou détruit - sa femme malade ne peut plus travailler avec lui - 2008 contrôle CAF initié par sa fille Coralie pour faire supprimer le RMI Madame CHAMBERT ajoute : «Aujourd'hui Coralie notre fille veut faire vendre la maison de Marseillan qui m'appartient : nous mettre à la rue ». 1988 Madame DEMPSEY réussit le concours de commis de préfecture elle obtient un poste à Montpellier, elle prend des jours de congé pour travailler avec son père. Elève de cinquième au Collège, Notes du premier trimestre : français : 15,43 maths : 17. Elle poursuit sa scolarité, elle obtient un baccalauréat littéraire- 1981 Coralie a 15 ans, elle travaille pendant deux ans avec ses parents à la « disco mobile » 1985 Coralie réussit te concours de À l'entrée du QG, Mr George nous salua. Je remarquai qu'il avait l'air plus sombre que

d'habitude et son sourire me parut un peu forcé.

- Gwendolyn, Mr Marley va t'accompagner en bas pour élapser.

Grâce, vous êtes attendue dans la salle du Dragon.

Je jetai à Mum un regard interrogateur.

- Qu'est-ce qu'ils te veulent ?

Mum haussa les épaules, mais elle me parut soudain soucieuse. Mr Marley sortit le bandeau

noir.

- Venez, miss, m'invita-t-il.

Il prit mon coude, mais le lâcha aussitôt en croisant mon regard. Les lèvres serrées et les

oreilles en feu, il dit d'une voix rauque :

- Suivez-moi. Nous avons un programme très serré cet après-midi.

J'ai déjà préparé le chronographe.

Après un sourire encourageant à Mum, je suivis Mr Marley dans le couloir en trébuchant. Il

avait adopté un pas rapide et, comme d'ordinaire, il se parlait à lui-même. Au coin suivant, nous

serions rentrés dans Gideon si celui-ci n'avait pas eu la présence d'esprit de nous éviter.

- Bonjour, Marley, dit-il tranquillement, tandis que ce dernier, déjà trop retardé, fît un petit

saut rigolo.

Mon coeur aussi, d'autant plus qu'à ma vue, le visage de Gideon s'était fendu d'un sourire aussi

large que le delta du Gange (au moins !).

- Salut, Gwenny ! Bien dormi ? demanda-t-il gentiment.

- Que faites-vous encore ici? Vous devriez être depuis longtemps chez Mme Rossini et habillé,

tempêta Mr Marley. Nous avons aujourd'hui un programme très serré et l'opération

Tourmaline noire et Sa...

- Allez-y donc maintenant, Mr Marley, dit aimablement Gideon.

Gwendolyn et moi vous rejoindrons d'ici quelques minutes. Et j'aurai vite fait de me changer.

- Vous n'êtes pas auto... commença Mr Marley.

Mais le regard de Gideon se fit d'un coup si froid qu'il préféra rentrer la tête.

Puis il tendit le bandeau à Gideon et s'en alla à grands pas. Gideon n'attendit pas qu'il soit hors

de vue pour m'attirer à lui et m'embrasser fougueusement.

- Tu m'as tant manqué, dit-il.

Je fus heureuse que Xemerius ne soit pas là pour m'entendre gazouiller « Tu m'as manqué aussi

» et me voir passer mes bras autour de son cou et l'embrasser passionnément. Gideon me

poussa contre le mur et nous ne nous détachâmes qu'à l'instant où un tableau se décrocha près

de moi. Une huile montrant un quatre-mâts sur une mer houleuse. Hors d'haleine, je tentai de

la raccrocher à son clou.

Gideon me donna un coup de main.

- Je voulais t'appeler hier soir, mais j'ai pensé que ta mère avait raison... tu avais vraiment

besoin de sommeil.

- Effectivement, dis-je en m'adossant de nouveau au mur, le sourire aux lèvres. Il paraît que

nous nous rendons ce soir ensemble à une fête

?

Gideon rit.

- Oui, un rencard à quatre, avec mon petit frère aussi. Raphaël était tout content, surtout en

apprenant que l'idée venait de Leslie, dit-il en me caressant la joue. En fait, je m'étais imaginé

autrement notre premier rendez-vous. Mais ton amie sait se montrer très persuasive.

- T'a-t-elle aussi dit qu'il s'agit d'une fête costumée ?

Gideon haussa les épaules.

- Plus rien ne me choque.

Ses doigts se promenèrent jusqu'à mon cou.

- Nous aurions eu encore... hmm... tellement à nous dire hier soir, dit-il.

Il s'éclaircit la voix.

- J'aimerais bien tout savoir sur ton grand-père et comment diable tu t'y es prise pour le

rencontrer. Ou plutôt quand. Et ce qu'il en est.

- Oh, Anna Karénine ! Je te l'ai apporté, même si Leslie pensait qu'il faudrait peut-être nous secrétaire elle est embauchée à la Préfecture de Montpellier, la famille s'installe à Plan Cabanes. EDITH Le matin la mère conduit Edith à l'école. 1968-72 Le grand-père devient chef d'équipe, le couple s'installe dans une maison avec jardin en location. Madame DEMPSEY explique : ses parents ne fêtaient pas Noël. Elle ne connaît pas les grands-parents maternels, elle n'en parle pas. Le grand-père poursuit son discours : le grand-père paternel pratique le naturisme au Cap d'Agde. Elle est réservée. 1992 Le couple CHAMBERT explique : Coralie n'a pas parlé de sa relation avec Monsieur DEMPSEY lorsque ses parents venaient à Font Romeu, Monsieur DEMPSEY couchait ailleurs. Monsieur CHAMBERT dit : « les gendarmes parlent de la drogue qui circule dans le secteur ». Dans un premier temps elle dit : accepter de répondre à un mail, elle s'inquiète si ensuite, elle ne répond pas, ils vont faire des histoires à mes parents. lis ajoutent Coralie et Gilles ont un terrain en commun à - Humm... si. Ça ne te convient pas ?

Gideon sortit son portable de sa poche.

- Si c'est Marley, je vais lui... oh, ma mère !

Il soupira.

- Elle a trouvé un internat pour Raphaël et elle veut que je le persuade d'y aller. Je la rappellerai

plus tard.

La sonnerie du portable insistait.

- Réponds-lui, dis-je. Je vais en profiter pour aller vite chercher ce livre.

Je n'attendis pas sa réponse pour foncer. Mr Marley allait sans doute péter un plomb, en bas,

dans la cave, mais je m'en fichais complètement.

La porte de la salle du Dragon était entrebâillée et, déjà de loin, j'entendis la voix énervée de

Mum.

- De quoi s'agit-il... d'un interrogatoire ? J'ai déjà exposé mes raisons... je voulais protéger ma

fille et j'espérais que Charlotte aurait hérité du gène. Point final.

- Rasseyez-vous.

C'était indubitablement la voix de Mr Whitman, celle qu'il prenait pour rappeler à l'ordre les

élèves insolents.

Des chaises furent remuées. De multiples raclements de gorge. Je me glissai plus près sur la

pointe des pieds.

- Nous t'avions avertie, Grâce.

La voix de Falk de Villiers était glaciale. Mum était probablement en train de fixer ses

chaussures en se demandant pourquoi diable elle s'était donné tant de peine pour son look. Je

m'appuyai au mur, tout près de la porte, pour mieux écouter.

- C'était vraiment stupide de croire que nous ne découvririons pas la vérité.

La voix grincheuse du docteur White. Mum n'émit pas un son.

- Hier, nous avons fait un détour par les Cotswolds et nous avons rendu visite à une certaine

Mrs Dawn Heller, dit Falk. Le nom doit te dire quelque chose, n'est-ce pas ?

Comme Mum ne répondit rien, il poursuivit.

- Il s'agit de la sage-femme qui t'a aidée à mettre Gwendolyn au monde. Comme il n'y a pas si

longtemps que tu as réglé par carte bancaire le loyer de sa petite villa de vacances, je pensais

que tu te souviendrais mieux d'elle.

- Dieu du ciel, qu'avez-vous donc fait à cette pauvre femme ?

s'exclama Mum.

- Rien, naturellement. Qu'est-ce que vous vous imaginez !

C'était Mr George.

Et Mr Whitman, la voix dégoulinant de sarcasme, compléta :

- Mais elle semblait croire que nous voulions pratiquer sur elle je ne sais quels rites sataniques.

Elle était complètement hystérique, n'arrêtait pas de se signer et, en voyant Jake, elle a failli

tomber dans les pommes.

- Pourtant, je ne voulais lui faire qu'une petite piqûre pour la calmer, grogna le docteur White.

- Finalement, une fois son excitation retombée, elle a bien voulu se montrer raisonnable et

discuter avec nous.

C'était de nouveau Falk de Villiers.

- Et alors, elle nous a raconté l'histoire fort intéressante de cette nuit où Gwendolyn est née.

Une histoire qui a tout d'un conte épouvantable. Une brave sage-femme crédule est appelée

auprès d'une jeune fille sur le point d'accoucher, que l'on a mise à l'abri d'une secte dans une

petite maison de Durham. Cette secte cruelle, fixée sur des rituels sataniques, n'en veut pas

seulement à cette demoiselle, mais aussi à son bébé. La sage-femme ne sait pas exactement ce

que l'on veut faire à ce pauvre petit mioche, mais son imagination lui fait entrevoir le pire.

Comme elle a bon coeur et que, par-dessus le marché, on lui verse une somme non

négligeablepour l'acheter - d'ailleurs, à l'occasion, j'aimerais bien savoir d'où tu as sorti cet

argent, Grâce -, elle falsifie la date sur la déclaration de naissance de l'enfant, après l'avoir aidé

à venir au monde lors d'une naissance à domicile. Et elle jure de n'en jamais dire un mot à

personne.

Le silence régna un moment. Puis Mum dit avec un brin d'arrogance

:

- Oui, et alors ? C'est exactement ce que je vous ai raconté.

- Oui, c'est aussi ce que nous avons pensé d'abord, répliqua Mr Whitman. Mais ensuite,

quelques détails ont retenu notre attention.

- En 1994, tu avais vingt-huit ans... mais, bon, aux yeux de cette sage-femme, tu as pu encor sur une photo, dit Mr Whitman. La jeune fille qui, cette nuit-là, a donné naissance à une fille.

- C'était une photo de Lucy.

Ces mots de Falk me donnèrent comme un coup de poing à l'estomac. Tandis qu'un silence

glacial emplissait la salle du Dragon, mes genoux cédèrent et je glissai lentement le long du mur

pour me

- C'est... une erreur, entendis-je finalement balbutier Mum.

Des pas s'approchèrent dans le couloir, mais j'étais incapable de tourner la tête. Ce fut

seulement lorsqu'il se pencha sur moi que je reconnus Gideon.

- Que se passe-t-il ? chuchota-t-il en s'accroupissant devant moi.

Je ne pus que secouer la tête.

- Une erreur, Grâce ? dit Falk de Villiers. Cette femme t'a reconnue sur une photo, la soi-disant

grande soeur qui lui a remis une enveloppe avec une somme d'argent incroyablement élevée. Et

elle a reconnu l'homme qui avait tenu la main de Lucy pendant la naissance ! Mon frère !

Et pour enfoncer le clou, il ajouta :

- Gwendolyn est la fille de Lucy et Paul !

Je laissai échapper un gémissement bizarre. Gideon qui avait blêmi prit mes mains. Dans la salle

du Dragon, Mum se mit à pleurer. Sauf que ce n'était pas ma mère.

- Tout cela n'eût pas été nécessaire si vous les aviez laissés tranquilles, sanglota-t-elle. Si vous

ne les aviez pas poursuivis aussi impitoyablement.

- Personne ne savait que Lucy et Paul attendaient un enfant, dit Falk avec vigueur.

- Ils avaient commis un vol, renifla le docteur White. Ils avaient volé le bien le plus précieux de

la Loge et ils étaient sur le point de tout détruire de ce que, pendant des siècles...

- Ah, arrêtez ! s'écria Mum. Vous avez obligé ces jeunes gens à abandonner leur fille chérie,

deux jours après sa naissance !

Ce fut le moment où, je ne sais comment, je bondis sur mes pieds.

Je ne pouvais plus rester là à entendre ça.

- Gwenny ! s'écria Gideon, mais je me libérai de ses mains et partit.

- Où tu vas, là ?

En quelques pas, il m'avait rattrapée.

- Loin d'ici ! dis-je en accélérant.

Dans les vitrines, la porcelaine cliqueta doucement à notre passage.

Gideon me prit par la main.

- Je viens avec toi ! Je ne vais pas te laisser seule maintenant, dit-il.

Quelque part dans les couloirs derrière nous, quelqu'un cria nos noms.

- Je ne veux pas... haletai-je. Je ne veux parler à personne.

Gideon me serra encore plus fort la main.

- Je sais où personne ne pourra nous trouver. Viens ! dit-il.

27 juin 1542

À mon insu, M. a réussi à convaincre lepère Dominique du Tiers-Ordre, un homme à la

réputation fort douteuse, de pratiquer unexorcisme exceptionnel pour délivrer sa fille Elisabetta

de saprétendue possession. Quand j'ai appris la nouvelle de cette intentionsacrilège, il était déjà

trop tard. Bien que je me sois procuré accès àla chapelle dans laquelle avait lieu ce processus

honteux,je n 'ai puempêcher que soient administrées à cette jeune fille des substancessuspectes

qui firent écumer sa bouche, révulser ses yeux et sortir deses lèvres des paroles confuses, tandis

que le père Dominiquel'aspergeait d'eau bénite. A la suite de ce traitement que je n'hésitepas à

qualifier de « torture », Elisabetta a perdu dans cette même nuitle fruit de ses entrailles. Avant

son départ, son père est apparu sansremords, mais plutôt triomphant de cette expulsion du

démon. Il asoigneusement dressé procès-verbal de l'aveu dElisabetta extorquépar lesdites

substances et sous les douleurset l'a consigné commepreuve de ses errements. J'ai décliné

poliment une copie de cet acte,mais, de toute façon, il est déjà certain que mon rapport au

supérieurde la congrégation va rencontrer l'incompréhension. J'ai simplementsouhaité en

l'établissant pouvoir contribuer à ce que M. tombe endisgrâce auprès de ses bienfaiteurs, tout

en ne me faisant guèred'illusions à ce sujet.

Extrait des Procès-verbaux d'Inquisition du père dominicain Gian Petro Baribi

Archives de la bibliothèque universitaire de Padoue (déchiffré, traduit et retravaillé par le Dr M.

Giordano) CHAPITRE 12

Mr Marley fronça les sourcils en nous voyant surgir dans la pièce du chronographe.

- Ne lui aviez-vous pas band... ? commença-t-il, mais Gideon ne le laissa pas terminer.

- Aujourd'hui, j'élapse en 1953 avec Gwendolyn, déclara-t-il.

Mr Marley se mit les mains sur les hanches.

- Impossible, dit-il. Il vous faut votre contingent de temps pour l'opération Saphir-Tourmaline Montaud, ils partage le coût annuel de la taxe foncière : 50€ chacun. Le couple explique pour motiver Margot qui n'a pas obtenu les félicitations car bavardage, une récompense a été prévue : un lecteur pour écouter de ia musique AFFAIRE CHAMBERT / DEMPSEY LA FRATRIE DEMPSEY : Margot, Audrey, Edith Nous avons rencontré les enfante deux fois : les 27/03/2010 et 10/04/2010 Au cours de la première rencontre avec les enfants, c'est le père qui s'occupe d'Edith sur le pot MARGOT : Le lundi matin c'est la mère qui la conduit à Narbonne.. elle rechignait à faire le ménage et la vaisselle. Elle soupçonne le couple parental d'avoir » bourré !e mou à ses petites filles », elle espère qu'à leur majorité elles viendront pour connaître la vérité. Elle dit avoir vu sa grand-mère dans la rue, elle était avec une copine, la musique sur les oreilles, la grand-mère aurait tourné la tête Elle ne revendique pas de les voir elle le fera si c'est dans un lieu médiatisé et qu'on l'oblige . Le fi!s à 14 ans et demie, i! À l'entrée du QG, Mr George nous salua. Je remarquai qu'il avait l'air plus sombre que

d'habitude et son sourire me parut un peu forcé.

- Gwendolyn, Mr Marley va t'accompagner en bas pour élapser.

Grâce, vous êtes attendue dans la salle du Dragon.

Je jetai à Mum un regard interrogateur.

- Qu'est-ce qu'ils te veulent ?

Mum haussa les épaules, mais elle me parut soudain soucieuse. Mr Marley sortit le bandeau

noir.

- Venez, miss, m'invita-t-il.

Il prit mon coude, mais le lâcha aussitôt en croisant mon regard. Les lèvres serrées et les

oreilles en feu, il dit d'une voix rauque :

- Suivez-moi. Nous avons un programme très serré cet après-midi.

J'ai déjà préparé le chronographe.

Après un sourire encourageant à Mum, je suivis Mr Marley dans le couloir en trébuchant. Il

avait adopté un pas rapide et, comme d'ordinaire, il se parlait à lui-même. Au coin suivant, nous

serions rentrés dans Gideon si celui-ci n'avait pas eu la présence d'esprit de nous éviter.

- Bonjour, Marley, dit-il tranquillement, tandis que ce dernier, déjà trop retardé, fît un petit

saut rigolo.

Mon coeur aussi, d'autant plus qu'à ma vue, le visage de Gideon s'était fendu d'un sourire aussi

large que le delta du Gange (au moins !).

- Salut, Gwenny ! Bien dormi ? demanda-t-il gentiment.

- Que faites-vous encore ici? Vous devriez être depuis longtemps chez Mme Rossini et habillé,

tempêta Mr Marley. Nous avons aujourd'hui un programme très serré et l'opération

Tourmaline noire et Sa...

- Allez-y donc maintenant, Mr Marley, dit aimablement Gideon.

Gwendolyn et moi vous rejoindrons d'ici quelques minutes. Et j'aurai vite fait de me changer.

- Vous n'êtes pas auto... commença Mr Marley.

Mais le regard de Gideon se fit d'un coup si froid qu'il préféra rentrer la tête.

Puis il tendit le bandeau à Gideon et s'en alla à grands pas. Gideon n'attendit pas qu'il soit hors

de vue pour m'attirer à lui et m'embrasser fougueusement.

- Tu m'as tant manqué, dit-il.

Je fus heureuse que Xemerius ne soit pas là pour m'entendre gazouiller « Tu m'as manqué aussi

» et me voir passer mes bras autour de son cou et l'embrasser passionnément. Gideon me

poussa contre le mur et nous ne nous détachâmes qu'à l'instant où un tableau se décrocha près

de moi. Une huile montrant un quatre-mâts sur une mer houleuse. Hors d'haleine, je tentai de

la raccrocher à son clou.

Gideon me donna un coup de main.

- Je voulais t'appeler hier soir, mais j'ai pensé que ta mère avait raison... tu avais vraiment

besoin de sommeil.

- Effectivement, dis-je en m'adossant de nouveau au mur, le sourire aux lèvres. Il paraît que

nous nous rendons ce soir ensemble à une fête

?

Gideon rit.

- Oui, un rencard à quatre, avec mon petit frère aussi. Raphaël était tout content, surtout en

apprenant que l'idée venait de Leslie, dit-il en me caressant la joue. En fait, je m'étais imaginé

autrement notre premier rendez-vous. Mais ton amie sait se montrer très persuasive.

- T'a-t-elle aussi dit qu'il s'agit d'une fête costumée ?

Gideon haussa les épaules.

- Plus rien ne me choque.

Ses doigts se promenèrent jusqu'à mon cou.

- Nous aurions eu encore... hmm... tellement à nous dire hier soir, dit-il.

Il s'éclaircit la voix.

- J'aimerais bien tout savoir sur ton grand-père et comment diable tu t'y es prise pour le

rencontrer. Ou plutôt quand. Et ce qu'il en est.

- Oh, Anna Karénine ! Je te l'ai apporté, même si Leslie pensait qu'il faudrait peut-être nous

assurer d'abord que tu es de notre côté.

Je voulus attraper mon sac, sans pouvoir le trouver.

- Mince ! Mum a pris mon sac en descendant de la voiture !

m’énervai-je.

La mélodie de Nice guys finish last retentit quelque part et je ne pus m'empêcher de rire.

- Ce n'est tout de même pas...

- Humm... si. Ça ne te convient pas ?

Gideon sortit son portable de sa poche.

- Si c'est Marley, je vais lui... oh, ma mère !

Il soupira.

- Elle a trouvé un internat pour Raphaël et elle veut que je le persuade d'y aller. Je la rappellerai

plus tard.

La sonnerie du portable insistait.

- Réponds-lui, dis-je. Je vais en profiter pour aller vite chercher ce livre.

Je n'attendis pas sa réponse pour foncer. Mr Marley allait sans doute péter un plomb, en bas,

dans la cave, mais je m'en fichais complètement.

La porte de la salle du Dragon était entrebâillée et, déjà de loin, j'entendis la voix énervée de

Mum.

- De quoi s'agit-il... d'un interrogatoire ? J'ai déjà exposé mes raisons... je voulais protéger ma

fille et j'espérais que Charlotte aurait hérité du gène. Point final.

- Rasseyez-vous.

C'était indubitablement la voix de Mr Whitman, celle qu'il prenait pour rappeler à l'ordre les

élèves insolents.

Des chaises furent remuées. De multiples raclements de gorge. Je me glissai plus près sur la

pointe des pieds.

- Nous t'avions avertie, Grâce.

La voix de Falk de Villiers était glaciale. Mum était probablement en train de fixer ses

chaussures en se demandant pourquoi diable elle s'était donné tant de peine pour son look. Je

m'appuyai au mur, tout près de la porte, pour mieux écouter.

- C'était vraiment stupide de croire que nous ne découvririons pas la vérité.

La voix grincheuse du docteur White. Mum n'émit pas un son.

- Hier, nous avons fait un détour par les Cotswolds et nous avons rendu visite à une certaine

Mrs Dawn Heller, dit Falk. Le nom doit te dire quelque chose, n'est-ce pas ?

Comme Mum ne répondit rien, il poursuivit.

- Il s'agit de la sage-femme qui t'a aidée à mettre Gwendolyn au monde. Comme il n'y a pas si

longtemps que tu as réglé par carte bancaire le loyer de sa petite villa de vacances, je pensais

que tu te souviendrais mieux d'elle.

- Dieu du ciel, qu'avez-vous donc fait à cette pauvre femme ?

s'exclama Mum.

- Rien, naturellement. Qu'est-ce que vous vous imaginez !

C'était Mr George.

Et Mr Whitman, la voix dégoulinant de sarcasme, compléta :

- Mais elle semblait croire que nous voulions pratiquer sur elle je ne sais quels rites sataniques.

Elle était complètement hystérique, n'arrêtait pas de se signer et, en voyant Jake, elle a failli

tomber dans les pommes.

- Pourtant, je ne voulais lui faire qu'une petite piqûre pour la calmer, grogna le docteur White.

- Finalement, une fois son excitation retombée, elle a bien voulu se montrer raisonnable et

discuter avec nous.

C'était de nouveau Falk de Villiers.

- Et alors, elle nous a raconté l'histoire fort intéressante de cette nuit où Gwendolyn est née.

Une histoire qui a tout d'un conte épouvantable. Une brave sage-femme crédule est appelée

auprès d'une jeune fille sur le point d'accoucher, que l'on a mise à l'abri d'une secte dans une

petite maison de Durham. Cette secte cruelle, fixée sur des rituels sataniques, n'en veut pas

seulement à cette demoiselle, mais aussi à son bébé. La sage-femme ne sait pas exactement ce

que l'on veut faire à ce pauvre petit mioche, mais son imagination lui fait entrevoir le pire.

Comme elle a bon coeur et que, par-dessus le marché, on lui verse une somme non

négligeablepour l'acheter - d'ailleurs, à l'occasion, j'aimerais bien savoir d'où tu as sorti cet

argent, Grâce -, elle falsifie la date sur la déclaration de naissance de l'enfant, après l'avoir aidé

à venir au monde lors d'une naissance à domicile. Et elle jure de n'en jamais dire un mot à

personne.

Le silence régna un moment. Puis Mum dit avec un brin d'arrogance

:

- Oui, et alors ? C'est exactement ce que je vous ai raconté.

- Oui, c'est aussi ce que nous avons pensé d'abord, répliqua Mr Whitman. Mais ensuite,

quelques détails ont retenu notre attention.

- En 1994, tu avais vingt-huit ans... mais, bon, aux yeux de cette sage-femme, tu as pu encore

passer pour une jeune fille, poursuivit Falk. Mais qui était donc cette jeune rouquine soucieuse,

cette soeur de la parturiente dont nous a parlé Mrs Heller ?

- Cette femme était déjà assez âgée à l'époque, dit doucement Mum. Entre-temps, elle est

peut-être devenue sénile.

- C'est possible. Mais elle n'a eu aucun problème à reconnaître cette jeune demoiselle d'alors

sur une photo, dit Mr Whitman. La jeune fille qui, cette nuit-là, a donné naissance à une fille.

- C'était une photo de Lucy.

Ces mots de Falk me donnèrent comme un coup de poing à l'estomac. Tandis qu'un silence

glacial emplissait la salle du Dragon, mes genoux cédèrent et je glissai lentement le long du mur

pour me

- C'est... une erreur, entendis-je finalement balbutier Mum.

Des pas s'approchèrent dans le couloir, mais j'étais incapable de tourner la tête. Ce fut

seulement lorsqu'il se pencha sur moi que je reconnus Gideon.

- Que se passe-t-il ? chuchota-t-il en s'accroupissant devant moi.

Je ne pus que secouer la tête.

- Une erreur, Grâce ? dit Falk de Villiers. Cette femme t'a reconnue sur une photo, la soi-disant

grande soeur qui lui a remis une enveloppe avec une somme d'argent incroyablement élevée. Et

elle a reconnu l'homme qui avait tenu la main de Lucy pendant la naissance ! Mon frère !

Et pour enfoncer le clou, il ajouta :

- Gwendolyn est la fille de Lucy et Paul !

Je laissai échapper un gémissement bizarre. Gideon qui avait blêmi prit mes mains. Dans la salle

du Dragon, Mum se mit à pleurer. Sauf que ce n'était pas ma mère.

- Tout cela n'eût pas été nécessaire si vous les aviez laissés tranquilles, sanglota-t-elle. Si vous

ne les aviez pas poursuivis aussi impitoyablement.

- Personne ne savait que Lucy et Paul attendaient un enfant, dit Falk avec vigueur.

- Ils avaient commis un vol, renifla le docteur White. Ils avaient volé le bien le plus précieux de

la Loge et ils étaient sur le point de tout détruire de ce que, pendant des siècles...

- Ah, arrêtez ! s'écria Mum. Vous avez obligé ces jeunes gens à abandonner leur fille chérie,

deux jours après sa naissance !

Ce fut le moment où, je ne sais comment, je bondis sur mes pieds.

Je ne pouvais plus rester là à entendre ça.

- Gwenny ! s'écria Gideon, mais je me libérai de ses mains et partit.

- Où tu vas, là ?

En quelques pas, il m'avait rattrapée.

- Loin d'ici ! dis-je en accélérant.

Dans les vitrines, la porcelaine cliqueta doucement à notre passage.

Gideon me prit par la main.

- Je viens avec toi ! Je ne vais pas te laisser seule maintenant, dit-il.

Quelque part dans les couloirs derrière nous, quelqu'un cria nos noms.

- Je ne veux pas... haletai-je. Je ne veux parler à personne.

Gideon me serra encore plus fort la main.

- Je sais où personne ne pourra nous trouver. Viens !

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